Rhiannon Owens joue la carte féminine

En mars dernier, j’ai eu le plaisir d’interviewer l’artiste Rhiannon Owens, bien connue outre-Atlantique pour ses illustrations sur des « trading cards » . Retrouvez l’interview en VO ici .

 

The EdiThor – bonjour Rhiannon, je suis très heureux de faire cet interview, car je te suis depuis maintenant environ 3 ans sur Instagram, et j’aime beaucoup ce que tu fais. Premièrement, qui es-tu, quel est ton travail ?

Rhiannon – Je m’appelle Rhiannon Owens, j’ai 38 ans, et je suis une artiste professionnelles freelance, ce qui signifie que je ne travaille pas spécialement pour une marque ou une autre. Au contraire, différents compagnies m’offrent du travail, me prennent des commandes différents types. Pour certaines offres, je décide si ça vaut le coup que je mette mon art au service du projet. Je fais essentiellement des artworks pour des « trading cards ». J’ai travaillé sur différentes licences, comme Marvel, DC comics, Star Wars, Star Trek, et Buffy et les vampires. Parfois, j’ai des projets sur la nature ou le fantastique. Mes dessins ont d’abord été imprimés sur les cartes, mais ce que je fais est désormais essentiellement du dessin original, sur des cartes de taille originale. Ces cartes sont appelées « sketch cards » et elles sont distribuées dans le monde entier, à l’intérieur de boîtes de « trading cards » de compagnies pour qui je travaille.

AngelaTheEdiThor-Rhiannon

The EdiThor –  Donc tu travailles essentiellement sur des « trading cards », peux-tu nous en parler plus spécifiquement ? Car ces cartes ne sont pas très connues du grand public en France.

Rhiannon – A la fin des années 90′ , les compagnies de « trading cards » ont commencé à mettre des dessins originaux dans des boîtes avec d’autres qui, elles, étaient imprimées. Les compagnies contactaient des artistes freelance pour dessiner sur des cartes vierges, qui seraient cachées dans certains packs. Ces sketchs originaux étaient destinés pour les collectionneurs, afin qu’ils achètent des boîtes entières pour les avoir, plutôt qu’un ou deux packs de cartes. C’était une tactique de marketing pour vendre plus de boîtes.  Au fur et à mesure des années, ces sketchs originaux sont devenus de plus en plus détaillés, plutôt que des petits dessins en noir et blanc. A la base c’étaient des dessins rapides, d’où le nom « sketch cards ». Maintenant, certains les appellent « art cards » à cause du niveau de travail qu’il y a dessus. La plupart des licences promettent au moins une sketch card originale par boîte, d’autres en mettent parfois moins, afin d’augmenter leur valeur à cause de la rareté. Les collectionneurs échangent et vendent ces cartes sur le marché secondaire comme Ebay, afin de se faire de l’argent, ou d’avoir de plus en plus de cartes.

 

The EdiThor – J’essaie de poser cette question à chaque artiste que j’interview, comment en es-tu arrivée là ?

Rhiannon – J’étais à une convention de comic book avec mon ami Jason Sobol. Lui travaillait déjà dans le milieu des sketch card, et pour une compagnie qui en distribuait. Il n’avait jamais vu mon travail avant ce jour, et après avoir regardé mon portfolio, il m’a suggéré d’essayer d’entrer dans le milieu, avec pour conseils de faire quelques exemples sur des cartes vierges, afin de les soumettre pour de futurs projets. Après en avoir fait quelques unes, j’ai envoyé par email les scans à un directeur artistique auprès duquel Jason m’avait recommandée. Quand ils ont commencé à chercher des artistes pour leurs projets, ils m’ont invitée à en faire partie. Les compagnies m’ont ensuite invitée à travailler avec elles, après avoir vu mon travail précédent. C’était il y a 8 ans. Maintenant, j’ai travaillé pour une vingtaine de compagnies différentes, aux Etats-Unis, au Canada, et au Royaume-Uni.

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The EdiThor – Comment travailles-tu, et qu’utilises-tu ?

Rhiannon – Comme chaque artiste, je commence par un crayonné. La plupart de mes dessins sont des super-héros, alors j’essaie une composition qui soit en accord avec leurs pouvoirs et leur personnalité. Une fois le brouillon fait, j’ajoute de la couleur. J’utilise des Copic Markers pour la plupart de mes colorisations. Je les utilise comme de l’aquarelle, et parfois je pose une sous-couche de couleur, à laquelle je vais ajouter d’autres couleurs plus tard. Après avoir mis tout en couleurs, je passe dessus avec des fines très fines de différentes couleurs. Cela va de Pitts Pens, Microns, à des Prismacolor pour cette étape. Ensuite, je reviens sur la couleur avec des crayons de couleur, des gel pens, et même parfois des peintures, pour ajouter des détails et de la lumière. Parfois, j’utilise les crayons pour ajouter de la lumière et des contrastes. Une fois que ça me va, je signe l’illustration, et je continue sur une autre.

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The EdiThor – J’ai lu dans une de tes interviews que tu aimais dessinera les cheveux.. As-tu une manière spéciale pour les dessiner, comme t’utiliser comme modèle, car tu as de beaux cheveux également ?

Rhiannon –  Merci pour le compliment ! J’aime beaucoup dessiner les cheveux c’est vrai. Cela peut être un élément très dynamique au sein de l’image. Ils peuvent avoir des reflets, -être brillants, montrer le mouvement, ajouter de la couleur, de la profondeur, de la personnalité. Certains cheveux sont très important pour le look de certains personnages, et aident à ajouter de l’attitude à certaines compositions. C’est pour toutes ces raisons que je préfère dessiner des personnages féminins que masculins. Et non je ne m’utilise pas comme modèle, j’ai dessiné tellement de cheveux que c’est aujourd’hui automatique pour moi de les dessiner.

 

The EdiThor – Il nous faut un comicbook dessiné par toi, quel titre aimerais-tu dessiner, et quels sont tes personnages préférés ?

Rhiannon – J’ai déjà pensé faire de l’art séquentiel plusieurs fois, mais j’aurais besoin de pratique. Je peux dessiner une seule image, mais transmettre une histoire à travers une série d’images est très, très différent. Parfois même difficile. Tu dois également être capable de dessiner des décors et de la perspective, de transcrire une profondeur spéciale, des choses mécaniques, robotiques, normales, des objets du quotidien et de la lumière. En soi, dessiner une image sur une sketch card est bien plus simple car seul compte le sujet ou le personnage. Nous ne sommes pas toujours tenus de dessiner des sketchs cards détaillées, mais parfois les directeurs nous y encouragent. Quand tu dessines un comicbook et raconte des histoires, tu dois être capable de dessiner des sujets dans une série d’évènements et de paramètres, et ça prend beaucoup plus de temps.

Mais si je devais dessiner des comicbooks, ce serait ou Wonder Woman, ou les X-Men. Storm ( Tornade ) est mon perso préféré. J’aime ses pouvoirs, et son look. J’ai grandi en aimant Wonder Woman,  elle était la première héroïne que j’ai connue. Elle incarne beaucoup de valeurs qui sont importantes de nos jours. Si je devais choisir, l’une d’elles ferait de moi une artiste très, très heureuse !

Merci pour m’avoir interviewée !

Storm-TheEdiThor-Rhiannon

 

The EdiThor – Vous pouvez retrouver Rhiannon ici :

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