Lucky Luke, le tome promis ?

Lucky Luke, c’est un peu une madeleine de Proust pour moi, au même niveau que les BD Rahan, Tintin, Astérix, Michel Vaillant. Ce sont mes premiers pas dans l’univers du 9ème art. Alors mettre la main sur La Terre promise, ce 80ème tome de Lucky Luke en 70 ans, le 7ème dans  la série « Lucky Luke d’après Morris » , ca me fait remonter plein de souvenirs.

Ici le challenge pour Achdé, dessinateur de Lucky Luke depuis le début des années 2000, et le nouveau scénariste Jul (pitié pas le « chanteur ») – mais pas novice pour autant, loin de là ( il est le papa de Silex and the city notamment ), est de revenir à une BD classique, dans la continuité de ce qu’avaient fait d’autres scénaristes avant, dont la qualité n’était pas à la hauteur du duo Morris Goscinny. Alors qu’en est-il réellement de ce tome ?

lucky-luke-un-cow-goy-a-la-recherche-de-la-terre-promisem387701
© Jul, Achdé (d’après Morris) & éd. Lucky Comics 2016

La Terre promise est l’histoire d’une famille juive qui arrive d’Europe, et dont Lucky Luke a pour objectif de protéger, et d’emmener à l’Ouest, sur la demande de son ami Jack la poisse. En effet, sa famille croit qu’il est un grand avocat New-Yorkais, et ne veut pas leur avouer qu’il est cow-boy. C’est ainsi que commence donc l’aventure, bourrée d’humour grâce à Jul, qui rythme dès les première cases l’histoire. Lucky Luke amène la famille juive dans l’Ouest, non sans mal, se frottant aux bandits et indiens. Jul casse les codes avec cette famille juive, entre le grand-père qui ne voit que le Shabbat, la grand-mère qui veut engraisser Lucky Luke avec sa recette de carpe farcie, et la jeune fille qui cherche à se marier à Lucky Luke, et le petit qui est plus intéressé par le Far West que part ses prières.

On pourrait penser que se frottait à la religion juive et s’en moquer, est difficile de nos jours, mais Jul est très fort, et avec son humour, c’est toujours juste, sans faire dans la polémique. Il fait référence à Rabbi Jacob d’ailleurs, à plusieurs reprises, notamment à travers le papi Moïshé  » Comment, vous n’êtes pas juif, Lucky Luke !?  » . Le scénariste a également beaucoup fait de références geek, peut-être à la recherche d’un nouveau lectorat. En plus d’Einstein qui tire la langue, il y a dans la page 10 une case qui fait référence aux auteurs de Superman et Batman, avec une pancarte Gotham City, tout comme il y a Harry Potter de cité par la jeune file dans la case d’après. Autre référence geek, la grand-mère dans le sommeil de notre cow-boy qui lui dit « Je suis ta mère, Luke », en rapport à Star Wars. Jolly Jumper, le cheval de Lucky Luke, fait également une référence à l’univers de Georges Lucas, mais je vous laisse la découvrir.

giphy-3
Hé Hé.. Hé Hé Hé !

Au final, j’ai vraiment aimé lire ce tome, et j’ai réellement redécouvert une des légendes de la BD franco-belge. Je ne vais pas cacher que les dessins d’Achdé ont beaucoup aidé, mais Jul apporte un nouveau niveau de lecture, reprenant à merveille l’esprit de Goscinny. Le traitement de l’histoire, parler des juifs, dans l’actualité brûlante est faite à merveille, et j’ai même beaucoup ri. Le comique de répétition, les références, les dessins, font de ce tome un véritable succès, après des années de disette. Du coup, je relis les BD de Morris en ce moment !

« I’m a poor lonesome cowboy far away from home « 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s